Des histoires de rivalité
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OM/Girondins de Bordeaux
OM/PSG
Rares auront été les OM-PSG ou les PSG-OM inoubliables, l’affiche si chère à Canal+ aura souvent débouché sur des matchs médiocres, notamment ces dernières saisons. Coté Marseillais on n'oubliera jamais ce soir de mai 1993, qui vit les olympiens terrasser les parisiens, quelques jours à peine après avoir triomphé à Munich, pour le dernier titre de champion du club, non attribué par la LFP suite au scandale OM/VA. On n'oubliera jamais non plus cette impressionnante série qui vit L’OM rester invaincu pendant 12 ans.
Coté Parisien pas grand-chose à retenir jusqu'à cette fameuse série que l’on connait tous…
Le premier match entre les deux équipes a lieu lors de la saison 1971-72 et voit L’OM battre le PSG 4-2. A cette époque le PSG est un jeune club, et on ne parle pas encore de rivalité.
Les parisiens devront attendre la saison 1977-78 pour battre pour la première fois L’OM en championnat. Ce match, l’entraîneur actuel de L’OM ne l’oubliera jamais, alors que les Marseillais menaient 0-1, Mustapha Dahleb dynamitait la défense olympienne et le PSG l’emportait 5-1. Le rapport de force était nettement en faveur des Marseillais, mais à partir de 1979, il va se rééquilibrer. Nombreuses seront les victoires Parisiennes jusqu'à la saison 1986-87 et la prise de pouvoir d’un certain Bernard Tapie…
Le premier OM-PSG sous l'ère Tapie fut un feu d’artifice, avec une victoire 4-0 grâce a un Patrick Cubaynes des grands soirs. Jamais Tapie ne sera battu dans son antre du vélodrome, mieux même, après la reprise du PSG par Canal+, jamais le club Parisien ne parviendra à battre L’OM de Tapie.
C’est a cette période que la rivalité est a son paroxysme, savamment entretenue par Tapie, en manque de rivaux de l'acabit de Bordeaux époque Bez, et par Canal+, unique diffuseur du championnat de D1 de l'époque, cherchant ainsi à renforcer l'attractivité de son produit d'appel.
Ainsi, le "boss" n’hésitait pas à placarder des articles de journaux dans les vestiaires pour cultiver la rage de ses joueurs. Cette rage animait les Boli, Di Meco, Mozer et consorts qui se transformaient en lions lors de ses matchs, et dévoraient tous les ballons.
Le match de 1993 constituera l'apogée de cette rivalité : à la lutte pour le titre, L’OM et le PSG s’affrontent dans un vélodrome en ébullition après la victoire en Ligue des Champions quelques jours plus tôt. Malgré l’ouverture du score parisienne, les marseillais, euphoriques, allaient trouver les ressources nécessaires pour faire exploser la défense adverse et offrir au vélodrome une nouvelle soirée de légende. 3-1, score final, et une grosse larme nostalgique à l'évocation du but improbable de Boli à la suite d'une action d'un autre monde, initiée par Durand et relayée par Pelé.
Après la gloire, le fiasco : L’OM quitte la L1, et Tapie quitte L’OM…
Mais deux années de L2 n’auront pas apaisés une rivalité dont se sont dorénavant emparée les supporters de chaque camp. A peine remonté en L1, L’OM reprend sa domination en championnat. Les Marseillais resteront invaincus jusqu’en 1999. Les olympiens, qui menaient au Parc, s’inclinent dans un match décisif pour le titre. L’année suivante les Marseillais se vengent en battant le PSG au Parc grâce à des buts de Ravanelli et Maurice. C’est le début de la banalisation de cette affiche, avec des discours courtois des deux entraineurs Courbis et Bergeroo. Le match retour voit un OM en totale déconfiture recevoir un PSG à la lutte pour une qualification Européenne. Malgré l’ouverture du score rapide des Parisiens, les marseillais, remontés à bloc, vont offrir un des rares moment de bonheur de la saison à leurs supporters. Bien aidé par un Bernard Lama maladroit, les Olympiens vont passer 4 buts à une défense parisienne aux abois.
Les résultats seront équilibrés jusqu’en 2002 et le début de cette série de neuf matchs sans victoire. Deux défaites 3-0 alors que L’OM était deuxième du championnat, et une défaite 3-2 subie face aux remplaçant Parisiens alors que L’OM menait 2-0, défaite qui a débouché sur une énorme crise. Si L’OM a stoppé une série de huit défaites consécutives en 2004 grâce à un but de Battles, l’équipe n’avait pas battu le PSG depuis 2002.
Ces dernières années, les deux équipes n’étant jamais à la lutte pour le titre, la rivalité était beaucoup moins importante, l’heure était à l’apaisement du coté des dirigeants et à la banalisation chez les joueurs.
La saison 2005-6 semble marquer le renouveau du côté marseillais. Le match aller au Vélodrome fut dense, âpre. Un engagement physique de tous les instants cependant brouillé par une certaine maladresse devant les cages jusqu'au but de la délivrance marqué de la tête sur corner par le dernier transfuge parisien, Lorik Cana. Le signe est rompu et l'OM renoue avec la victoire dans un stade en fusion.
Le match retour fut épique et accoucha d'une nouvelle mini épopée dans l'histoire de cette rivalité. On retrouve un OM plutôt bien classé en championnat et pouvant prétendre à un strapontin en Ligue des Champions. Les parisiens vivent une deuxième moitié de saison médiocre. Quelques jours avant le match, la pression médiatique monte entre les deux présidents par communiqués de presse interposés. L'atmosphère devient très rapidement volatile et Pape Diouf, invoquant le non respect des règles d'attributions de places pour les supporters marseillais, ainsi que des conditions de sécurité non respectées, décide d'envoyer jouer la réserve olympienne dans un Parc des Princes vierge de tout supporter marseillais. Ce sera l'heure de gloire des "minots". Un équipe de gamins jouant en CFA fait bloc et résiste aux pros parisiens pour finalement décrocher le match nul sur un score vierge.
Cette saison 2005-2006 devait offrir une dernière confrontation aux deux équipes et pas la moins prestigieuse, une finale de Coupe de France à Saint-Denis devant 80 000 spectateurs. Alors que les parcours opposés en championnat semblaient promettre aux Olympiens une victoire, tant sur le papier la balance semblait pencher en faveur des Marseillais, ce sont finalement les parisiens qui s'imposent 2-1 face à un OM bien fébrile, paralysé par l'enjeu.
Le renversement de tendance, observé en 2005, semble se confirmer lors du match aller de la saison 2006-2007. L'OM s'impose avec la manière dans un Parc des Princes muet sur le score de 3-1 avec notamment une très bonne prestation de Franck Ribéry en 2e mi-temps. Pour l'anecdote, on retiendra tout de même que, même si la victoire Olympienne ne fit aucun doute, la rencontre fut entachée par l'application des nouvelles consignes de sévérité arbitrale sur les actions litigieuses dans la surface. En effet, ce ne furent pas moins de trois pénalties sifflés lors de ce match dont deux à retirer.
Canal+, en manque de spectacle dans un championnat payé 600M€ tente bien d’entretenir cette rivalité à coup d’effets d’annonce. Mais elle n’existe plus désormais que pour les supporters des deux équipes. Il reste cependant qu'une victoire dans ce match a toujours une saveur particulière, et une défaite un fort potentiel de déstabilisation.

